Interview de Nicolas Fofana premier assistant réalisateur sur À Bras-le-corps

Nicolas Fofana est un assistant réalisateur comme on n’en rencontre rarement.

Organisé, directif, sûr de lui, il a travaillé sur le court-métrage “À bras-le-corps” de Manon Gaurin en tant qu’assistant réalisateur.

Il nous a accordé du temps pour parler de son travail sur le film et donner des conseils en tant qu’expert.

>Bonjour Nicolas, première chose, “À bras-le-corps” cumule plus de 150 k vues sur Youtube, vous vous y attendiez?

Non pas du tout, au départ c’était un projet entre potes et au final ça donne quelque chose d’énorme et on est tous très très fier du résultat, surtout que les commentaires sur la vidéo sont très positifs, donc c’est quelque chose qui nous fait extrêmement plaisir et ravit toute l’équipe.

> De quoi parle exactement “À bras-le-corps”?

Pour faire court, c’est l’histoire de Clément un chauffard, qui est condamné à passer un mois dans un centre de rééducation pour les accidentés de la route. Il y rencontre Léo, une victime qui est dans une rage permanente envers le monde entier. Et par peur du regard de Léo, Clément va mentir sur les raisons de sa présence. C’est très touchant et plaisant car on se met facilement dans les bottes de Clément.

Manon (la réalisatrice) a vraiment voulu accentuer sur la culpabilité qui nous pousse à mentir par peur du regard des autres, ou lorsque l’on n’accepte pas le mal qu’on a pu faire.

Mais aussi le face à face entre une victime et un coupable désigné par le système et par le destin. Si vous ne l’avez pas vu je vous conseille de le voir très rapidement.

>Comment avez-vous été amené à travailler avec Manon Gaurin sur ce court-métrage?

Manon et moi-même étions dans la même école de cinéma, l’ESRA. On avait déjà travaillé ensemble par le passé où j’étais réalisateur. Nous sommes devenus très bons amis assez rapidement et par la suite c’est cette amitié qui m’a permis d’être son assistant sur A Bras-le-Corps. Comment on dit souvent la relation entre le premier assistant réal et le réalisateur est la clé d’une réussite ou d’un échec donc je pense que ça nous a énormément aidé.

ⓒ Maximilien de Langautier

>Quel a été votre rôle tout au long du film, en tant qu’assistant réalisateur ? Commençons par la pré production, pouvez-vous nous expliquer en quoi consistait chaque étape pour les non initiés ?

Tout d’abord mon rôle principal était d’assister la réalisatrice, d’être son collaborateur artistique et technique direct, pour s’assurer que tous les éléments nécessaires au tournage soient correctement mis en place.

Pendant la pré-production, j’ai du faire un plan de travail, c’est un outil qui permet d’assurer le bon déroulement du tournage mais aussi de déterminer le nombre de jours nécessaires au tournage et comment ceux-ci seront organisés. Pour en construire un, j’ai du, à partir du scénario et du découpage technique fournis par Manon, créer un dépouillement pour chaque séquence. C’est à dire, sur une feuille, je reporte toutes les informations, résumé, minutage, décor, effet (jour/nuit), personnages présents, etc… Une fois que j’ai réuni toutes ces infos, c’est le début du “tétris” comme j’aime l’appeler, c’est à dire que j’essaye de rassembler chaque chose ensemble, les décors ensemble, la présence des personnages, tournage de nuit, etc… pour essayer de construire un calendrier. Bien évidemment, cela n’est pas aussi simple que ça en à l’air car je dois ajouter à cela pas mal de contrainte : comme les disponibilités des comédiens, les décors (si nous pouvons tourner dans un endroit à des dates précises), les moyens de la production, etc.. Pour A bras-le-corps j’ai du avoir une dizaine de plan de travail car on a eu pas mal de rebondissements, et encore c’est un petit chiffre comparé à d’autres films.

Vous pouvez ajouter à cela, les repérages, l’organisation des réunions avec les différents chef d’équipes, les répétitions des comédiens, des cascades, les essayages des costumes, etc… Le but est d’avoir tout prêt pour que lorsqu’on sera en tournage on évite un maximum de perdre du temps et que tout se passe le mieux possible.

ⓒ Maximilien de Langautier

>Et pendant la production ?

Sur le plateau, je m’occupais des opérations journalières, mais je devais aussi veiller au bon déroulement du tournage et m’assurer qu’on respectait au maximum ce qui était prévu sur le plan de travail. Je devais donner le rythme du tournage et faire en sorte que tout fonctionnait sur le plateau. Je supervisais tout se qu’il se passait, de la mise en place du plateau, en passant par les déplacements des figurants, tout en réglant les imprévus de dernière minute. Je m’assurais que le planning était respecté par chacun, donc si des séquences étaient oubliées ou non tournées faute de temps, c’était ma responsabilité.

En fin de journée, je remettais aux équipes ce qu’on appelle une feuille de service, c’est un recap de la journée du lendemain, avec les horaires de chacun, les rendez-vous, les conditions de tournage, etc…

>Quelles sont les compétences nécessaires pour faire ce que vous faites ?

Ah très bonne question, il faut être organisé, avoir de la mémoire mais aussi avoir une sensibilité à l’image. Il faut aussi avoir un très bon relationnel car mine de rien on gère une équipe de 15-20 personnes donc il faut réussir à parler avec les gens et s’assurer que tout se passe bien. C’est être un chef de projet !

> Comment avez-vous travaillé avec la réalisatrice et l’équipe ?

J’étais à sa disposition, mais surtout là pour lui dire si des choses n’étaient pas réalisables. Au final, nous avons bien collaboré ensemble avec Manon. Elle est très talentueuse et professionnelle, et elle avait confiance dans le travail de chacun.

Avec l’équipe aussi, comme je l’ai dis précédemment, l’assistant réalisateur est le chef de projet, donc il fallait que je m’entende avec tout le monde, et si il y avait des “soucis” on était assez professionnels pour les mettre de côté.

>Avez-vous des conseils pour ceux qui souhaite devenir premier assistant réalisateur ?

Il faut être prêt à tout et n’importe quoi! Ce que je veux dire par là c’est d’anticiper au maximum tous les potentiels problèmes en préparation et sur le tournage. Car dans tous les cas sur le tournage il y aura des problèmes, donc votre but et rôle c’est de les minimiser au maximum. De plus, il faut être attentif à tout ce qui se passe sur le tournage. Faut être polyvalent, débrouillard, autonome, dynamique, avoir un énorme sens de l’organisation, et surtout être résistant au stress. C’est intense comme boulot.

On a tourné A bras-le-corps en 6 jours, de jour comme de nuit, et même dans l’eau.

Je peux vous dire qu’à la fin tout le monde était fatigué haha.

ⓒ Maximilien de Langautier
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